A Noël, j’ai rencontré Jésus….

             Toutes les rencontres d’enfants et de jeunes organisées par les écoles et les catéchistes pour célébrer Noël dans nos églises furent belles. Musiques, chants et paroles, messages de paix et colombes, oui tout fut beau ; bravo à tous et à toutes pour ces "célébrations cadeaux". Mais la plus belle, ce fut la plus petite et la plus mal fagotée, celle de Taulé : avec les enfants de l’école… les plus grands donnant la main aux plus petits (maternelle) ; les voici devant moi… et moi devant eux… on se regarde… on s’apprivoise… silence… silence… et je me lance : « Qu’est-ce que Noël pour vous ? »
            Les enfants de Taulé ne sont pas timides, les plus grands se lèvent : « Noël, c’est la paix, Noël, c’est la lumière, le sapin, les cadeaux, le repas en famille… » Bien… tout cela tombait en guirlandes dans mes vieilles oreilles habituées aux Noëls des enfants, autant dire blasées. Mais tout à coup, dans ce bruit de Noël enregistré, j’ai cru entendre un bruissement de voix, un zézaiement que je fus le seul à capter : « Noël, zé la naizanze de Zézus ». J’ai réussi à localiser la provenance de cette charmante musique, c’était le plus petit, tellement petit que j’ai eu du mal à le sortir de sa cachette, il était couvert de vêtements chauds. J’ai demandé le silence, et la petite voix a repris dans le micro : « Zé la naizanze de Zézus ». J’ai reçu un choc, je ne savais plus que dire, comme frappé par la venue d’un ange tombé du ciel qui vient vous dire le sens de votre vie. Et là, j’ai fait une erreur, je l’ai guidé vers la crèche de Noël tout en lui posant la question : « Et où est-il Jésus ? » Il s’est penché, il a regardé, il s’est tourné vers moi les yeux baignés de larmes et d’une voix désespérée me dit : « Il n’est pas encore là ». J’ai su que j’avais fait une gaffe car nous étions avant Noël. Depuis, plus je cogite et plus je me dis que cette voix zozotant était bien Jésus-enfant qui exprimait son désarroi de ne pas être déjà dans la crèche ; ou bien qui exprimait sa peur de ne pas être reçu dans les crèches de nos cœurs : Z’était Zézus… Croyez- moi !
              Père Christophe KELBERT